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18 May 2012
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Erhard Loretan

Erhard Loretan nous a quitté le 28 avril 2011, le jour de ses 52 ans, lors d'une course avec une cliente sur le Grünhorn, en Valais. En novembre 1995, il fut le grand invité de L'Objectif. Voici quelques extraits de ses déclarations. Les fichiers sont téléchargeables ci-dessous (PDF page 1 et PDF page 2).

Erhard Lorétan, himalayiste, guide de montagne, acrobate et ébéniste.
Sans sherpas, sans oxygène et sans orgueil. Juste de l'éthique !

Erhard Lorétan est désormais le troisième homme à avoir gravi les quatorze montagnes de plus de 8'000 mètres de la planète. Mais plus que cet exploit, ce sont les voies qu'il a faites et le style bien particulier qu'il a mis au point et en pratique avec Jean Troillet qui font probablement de lui le meilleur himalayiste actuel. Quand tous les autres installent des camps intermédiaires et partent avec des sherpas et parfois de l'oxygène, lui monte non-stop, sans aide extérieure et sans l'infrastructure habituelle.

Erhard Lorétan a pu mettre au point et en pratique, un style d'ascension qui sort de l'ordinaire.
En 1983, lors de la deuxième de ses vingt-deux expéditions himalayennes, il enchaîne avec ses partenaires, en style alpin encore classique, trois 8'000 en dix-sept jours.
Une réalisation qui semblait impossible à tout le monde.

Il étrenne sa nouvelle technique en 1985 au K2 (8611m), plus haut sommet après l'Everest (8848 m). Erhard Lorétan raconte : « Comme il n'y avait jamais vraiment de beau temps, on s'est dit que la seule solution c'était de monter très rapidement. On a essayé de marcher non-stop, jour et nuit. Personne ne l'avait jamais fait. Mais on a dû s'arrêter le soir à 7900 mètres, car c'était trop dangereux. On n'a pas pu faire d'igloo, on en a « chié ». Je n'ai pas encore compris comment on est repartis vers le sommet le lendemain. »

Propos recueillis par Jean-Marc Angéloz et François Stöckli

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